Florie et la reconversion : une démarche pour être heureuse

VIVARAIS PROVENCE publiée le 11.05.2021

Voici le témoignage de Florie qui a entrepris une reconversion pour être heureuse. Elle suit en ce moment la formation "Titre Agent Thermal" au GRETA Vivarais Provence.


Qui êtes-vous ?

Je m’appelle Florie, j’ai 35 ans. Je suis en formation en ce moment pour préparer le titre d’Agent Thermal auprès du Greta Vivarais Provence.

Quel était votre métier d’avant, quel a été votre parcours ?

J’ai commencé il y a 15 ans dans le bâtiment à l’issue d’une Licence  avec un parcours dans le chauffage, la climatisation, la ventilation, le désenfumage et la plomberie. J’ai passé un Bac STI Génie énergétique, puis j’ai enchaîné avec un BTS Fluides énergies environnements et j’ai terminé mes études avec une Licence Professionnelle.

J’ai toujours été intéressée par la technique. Au fil des années, j'ai évolué  vers la conception de bâtiments tels que des hôpitaux, des laboratoires puis des usines pharmaceutiques. Concrètement, dans un bureau d’études en entreprise d’installation, j’étais sur la préparation des chantiers, aussi bien au niveau graphique, notes de calculs que sur l'approvisionnement du matériel  du futur bâtiment. On faisait principalement des réseaux en inox avec un suivi qualité et une traçabilité associées.

Quels ont été les déclics pour se lancer dans une reconversion ?

Je me disais, j’adore mon métier, j’adore la technicité mais j’ai envie d’autre chose, d’une approche humaine, de relationnel.

J’étais à Lyon, et j’ai eu l’opportunité de faire un voyage de trois mois en Asie. Quand je suis revenue, j’ai su qu’il fallait que je change de rythme, de cadre. Je me suis aperçue que je n’avais pas besoin d’avoir un super salaire pour être heureuse.

Comment avez-vous construit votre nouveau projet professionnel ?

Dans un premier temps, je me suis demandée comment faire. J’avais entendu parler du CPF, et du bilan de compétences.

J’ai donc réalisé un bilan de compétences. J’avais besoin d’être rassurée, guidée dans mes choix et mes démarches par un professionnel. Je n’avais pas d’idée précise de métier.

Comment s’est passé le bilan de compétences ? 

Le bilan de compétences m’a permis de faire le parallèle entre ma vie personnelle et professionnelle, de voir quels réajustements je pouvais faire pour que cela corresponde à celle que j’étais devenue. J’ai fait le bilan de compétences en utilisant mes droits CPF( à l’époque mon DIF). Il est important de se sentir en confiance avec la personne qui vous accompagne, pour vraiment dévoiler nos aspirations.

De quel dispositif avez-vous bénéficié ?

J’avais entendu parler du Projet de Transition Professionnelle par ma conseillère en Evolution Professionnelle. Des dispositifs existaient, c’était une chance, je l’ai saisi.J’ai été honnête, cru en mon projet, mon envie et j’ai su argumenter auprès de mon entreprise. J’ai demandé à mon entreprise d’en bénéficier 3 mois avant la date de la commission Transition Professionnelle.

Il faut savoir que quand on se lance dans ce genre de démarches, il y a beaucoup de papiers, des délais à respecter. Je me suis donnée les moyens et j’ai investi beaucoup d’énergie pour ce projet. Ma conseillère en Evolution Professionnelle m'a donnée les outils et le cadre pour que je sache ce que je devais faire. J’étais informée de mes droits. C’est rassurant d’être bien informé de ses droits et cela rend plus fort dans ses démarches. J’ai un maintien  de salaire de ma société, pris en charge par Transitions Pro, le temps de ma formation. Ma conseillère au Greta m’a aidée à monter mon dossier aussi. 

Qu’est-ce qui vous plaît dans le métier d’agent thermal ? 

Lors du bilan de compétences, le métier d’agent thermal n’est pas venu tout de suite. Dès que j’y ai pensé, ça a été un électrochoc, une évidence. Je me suis demandée pourquoi je n’y avais pas pensé avant.Je voulais travailler dans un domaine atypique, dans des petits villages hors de la ville.

Pour le métier, c’est le côté bienveillant, la recherche du bien-être de la personne et l’envie de relationnel qui m’ont plu. Apporter du bien-être à des personnes malades, dans un environnement sympathique, dédié et bienveillant. Une autre chose m’a séduite, c’était aussi que cet échange se déroule sur un temps limité. Je cherchais aussi une reconversion rapide. 

Comment avez-vous pu confronter votre envie à la réalité du métier, pour être sûre de vous ?

J’ai aussi pris le temps de faire des recherches personnelles, de rencontrer des gens de la profession. Mon projet s’est affiné avec le temps. J’ai aussi fait un stage d’immersion d’une semaine l’été dernier. Je bénéficiais d’une convention grâce à l’organisme avec lequel j’avais fait mon bilan de compétences. Cela m’a permis d’être sur le terrain, de voir les gestes.

J’étais avec une personne qui a pris le temps de m’expliquer les gestes et qui était dans la démarche que je recherchais de bienveillance et de contact avec les curistes. Ce stage s’est très bien passé et a été l’élément décisif pour que je me lance en formation.

Qu’est-ce qui a été difficile dans votre parcours ?

Les démarches, les papiers, les délais comme je le disais, demandent beaucoup de temps et d’énergie. J’étais décidée, donc j’ai tout donné pour que ça fonctionne, mais je préfère en parler pour dire aux gens que ça vaut le coup, de ne pas se décourager. Mon entourage aussi ne comprenait pas trop ma démarche. J’ai heureusement aussi rencontré beaucoup de personnes bienveillantes qui m’ont aidée dans mes démarches : ma conseillère en évolution professionnelle ainsi que madame Garon, la conseillère formation du Greta Vivarais Provence.

Ces personnes étaient à l’écoute et de bon conseil. Grâce à elles, je me suis dit que c’était réalisable. Une autre difficulté, c’est le contexte sanitaire qui rend les choses difficiles. Je n’ai pas encore pu faire mes 5 semaines de pratique car les thermes sont fermés en ce moment. Je me suis donnée deux ans pour réussir et me donner les moyens de mon projet.

Quels sont vos prochains projets ou expériences à venir ?

J’attends impatiemment que les thermes rouvrent, et après j’aimerais trouver du travail pour continuer à m’améliorer et vivre mon expérience professionnelle sur le terrain. Donc, dans un premier temps, je veux avoir mon diplôme et finir la saison. Je vais être formée sur les thermes de Neyrac ou Vals les Bains. Je serais ravie de continuer à travailler dans un de ces centres. J’aimerais bien garder mon environnement pour finir mon apprentissage.

Je voudrais finir la saison avec l’équipe qui m’aura formée pour être vraiment à l’aise dans mon nouveau métier. Je deviens personnel soignant . C’est un nouveau domaine. Je veux être à l’aise, avoir les bons mots, la bonne posture. Dans un second temps, mon souhait serait de travailler dans d’autres thermes en France, postuler dans une station qui m’attire. Mon rêve ultime, ce serait de voyager, d'aller de station en station.

Quels sont vos conseils pour les personnes qui pensent à se lancer dans une reconversion  ? 

J’ai entrepris toutes ces démarches pour être heureuse d’aller au travail avec ce métier. J’ai envie d’avoir le sourire au travail. J’ai cherché un métier où je me sens bien, dans ma petite bulle de soins avec les curistes. Je souhaite la même chose à tous. On est soutenus dans sa reconversion, il faut oser !

Je vous remercie beaucoup pour ce beau témoignage.

Nous vous souhaitons beaucoup de réussite pour la suite !

 

Témoignage recueili le 22 avril 2021 par Félicie - Chargée de communication -
Réseau des GRETA - Académie de Grenoble

 

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